Faits

La Loi sur l’égalité des handicapés (LHand) a accéléré le développement en Suisse de transports publics adaptés aux besoins des personnes avec handicap. Depuis l’entrée en vigueur de la Lhand il y a cinq ans, de grands progrès ont été réalisés. Si plusieurs d’entre eux se ressentent déjà à présent, d’autres déploieront leurs effets dans un avenir proche.

Grâce à ces développements encourageants, les personnes à mobilité réduite ont davantage de possibilités de se mouvoir de manière autonome d’un point A à un point B. Ceci les rend plus visibles dans l’espace public, ce qui déploie des effets positifs sur l’intégration des personnes avec handicap dans d’autres domaines de la société tels que l’habitat ou le travail. Grâce à ce développement, la Suisse est sur la bonne voie pour atteindre l’objectif de la LHand qui consiste à faciliter la participation à la vie sociale pour les personnes avec handicap et à leur permettre d’entretenir des contacts sociaux de manière autonome.

Il convient de souligner que la Lhand prévoit des délais très long pour l’adaptation des infrastructures et des véhicules (respectivement 10 ans dans le domaine des transports publics (fin 2013) et 20 ans pour les systèmes de communication et les distributeurs de billets (fin 2023)). Malgré l’importance de ces délais, de grands efforts seront nécessaires afin que les mesures prévues puissent être mises en œuvre dans les délais prévus. À ce sujet, davantage de ressources devraient être mises à disposition et des mesures devraient être introduites afin que les défis techniques et organisationnels puissent être relevés, et ce au moins dans la limite des délais transitoires actuellement en vigueur.


Chiffres et statistiques

Les personnes handicapées utilisent divers moyens de transport (pieds, vélo, transports publics ou véhicules motorisés) et ceci dans les mêmes proportions que les personnes sans handicap. Ce constat concerne notamment les personnes qui vivent dans un ménage privé.
La grande majorité des personnes souffrant d’un handicap (90%) indiquent qu’elles peuvent utiliser les transports publics sans problèmes ; 4% ont des difficultés lors de l’utilisation des transports publics, 2% de grandes difficultés et 4% affirment qu’elles ne peuvent pas utiliser du tout les bus ou les trains. A noter que ce dernier cas ne concerne que moins d’un pourcent des personnes sans handicap (source : Office fédéral des statistiques).

Informations de l’office fédéral des statistiques


Causes des inégalités

Le bilan en ce qui concerne l’égalité des personnes avec handicap dans le domaine des transports publics est globalement positif. Toutefois, lorsque l’on s’intéresse aux solutions concrètes adoptées dans les domaines isolés de l’infrastructure ainsi que dans certains aspects organisationnels, de grands déficits demeurent, rendant très difficile une utilisation simple et flexible des transports publics par les personnes handicapées :

 

  • De manière générale, le principe de l’accessibilité des voyageurs en chaise roulante n’est pas remis en question. Cependant, des problèmes surgissent quand il s’agit de cas concrets d’accès ou de la qualité des places pour les personnes en chaise roulantes. De même, l’intégration de ces personnes dans le secteur des passagers et passagères n’est pas encore complètement réalisée.
  • Des problèmes sont également à signaler en ce qui concerne les arrêts de bus. Bordures de trottoirs trop basses, rebords manquants ou surface trop étroite pour pouvoir manœuvrer avec une chaise roulante sont fréquemment cités.
  • L’aménagement des gares pour les personnes handicapées est vital. Il inclut l’adaptation des quais à un niveau adéquat pour pouvoir monter à bord des trains et un accès sans escalier. Malheureusement, il s’agit là d’aménagements coûteux dans un domaine où les ressources sont actuellement restreintes.
  • Les aménagements acoustiques en faveur des personnes handicapées sont en règle générale très satisfaisants. Cependant, on constate souvent une méconnaissance des exigences concrètes des personnes avec un handicap auditif de la part des gestionnaires de transports publics.
  • Pour ce qui est des indications optiques, des solutions claires et unifiées n’ont pas encore été développées. Des progrès peuvent être notamment encore accomplis en ce qui concerne la lisibilité et la présentation des annonces pour des personnes malvoyantes.
  • En ce qui concerne l’affichages extérieur des véhicules, de nombreuses difficultés doivent encore être levées. Les annonces latérales – pourtant très importantes pour des personnes avec un handicap de la vue – sont souvent mal positionnées.
  • L’installation d’appareils d’appel de secours ou d’information adaptés aux personnes handicapées laisse également encore à désirer
  • La question des annonces acoustiques pour les personnes aveugles (annonces vocales des départs dans les gares, des numéros de ligne et des destinations dans les bus, tram, RER, annonces d’arrêt dynamiques,etc.) n’a pas encore été résolue. De même, un système d’ouvertures des portes facilement utilisable par les personnes aveugles n’a pas encore été installé.
  • En ce qui concerne le trafic aérien, de nombreux problèmes de prestations demeurent. Les personnes avec des difficultés de mobilité ou des handicaps sensoriels sont obligées de se faire accompagner par un tiers, sans quoi l’accès aux avions leur est refusé.
  • La réservation de billets d’avion via Internet est pénible pour les personnes malvoyantes et de nombreuses barrières demeurent.
  • Les personnes aveugles n’ont pas la possibilité de se mouvoir de manière autonome dans l’aéroport et la personne accompagnatrice ne se présente souvent pas à l’endroit prévu. Pour ces personne, le véritable espoir demeure dans la récente entrée en vigueur de la directive du parlement européen 1107/2006 le 1er novembre 2009 qui vise à renforcer l’égalité des personnes handicapées dans ce domaine.
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